Les vendeurs rêvent souvent sur la valeur de leur bien

Maison de rêve
Notre maison est toujours fantastique, nul autre n'est plus belle parce que c'est la mienne

Attention au piège des vendeurs loin des réalités

  • Bonjour, pourriez-vous venir estimer ma maison ?
  • Pas de problème, où est situé votre bien ?
  • A Périers
  • C’est fou ! Excusez-moi, je n’ai pas pu m’en empêcher. Quand seriez-vous disponible ?
  • Mardi prochain l’après-midi ?
  • Parfait, nous nous rencontrerons à 14h30.

Voici un début d’entrée en matière comme il nous en arrive souvent. Je vous ai passé les recommandations d’usage, ce ne sera pas le propos de cet article.

La découverte des intentions du vendeur

                J’arrive chez les propriétaires et aussitôt, ils veulent me faire visiter. Je les interromps pour leur proposer que nous nous asseyions autour d’une table afin de discuter de leur projet, les raisons qui les pousse à vendre. Dès l’entrée, je remarque que la maison n’est pas habitée, il y a seulement une table et quatre chaises autour, c’est suffisant. J’applique la méthode décrite dans l’article. C’est ainsi que je découvre que le bien est sur le marché depuis quatre ans.

Une grande méfiance s’impose, éviter les pertes de temps

                Quasiment aucune visite depuis, ils ont voulu tout traiter en particulier, un panneau sur la maison avec leur portable. Bien qu’elle soit au bord d’une route passante, personne ne s’y intéressa. Ils essayèrent même de la louer, les résultats furent à peine meilleurs, seulement quelques mois puis plus personne. Par dépit, ils finissent donc par faire appel à un professionnel. Fidèle à mes routines, je défends d’entrée le mandat exclusif. Ils sont très réticents au départ, mais c’est pour moi un challenge, j’arrive à le convaincre de l’utilité d’un tel mandat. Cela demande du temps pour que le courant passe, et encore plus cette fois-ci

J’oublie du prendre du recul et mon investissement en temps explose

                Le dossier technique comprenant les mesures de toutes les pièces de la maison demande également pas mal de temps s’il est fait sérieusement (Comment faire autrement ?). Si bien que plus de 2 heures sont déjà passée et le rendez-vous n’est toujours pas terminé. Suivant toujours mes principes, je ne leur dévoile pas le montant de mon avis de valeur. C’est vraiment la bonne procédure mais il faut savoir faire des exceptions. Sur le papier j’ai tout bon : Un rendez-vous est fixé dans mon bureau pour annoncer le prix et valider le mandat avec la promesse d’une exclusivité que je pourrais leur faire signer immédiatement. Résultat de ce premier round deux heures et demie, c’est parfois nécessaire.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Traiter une offre au prix demandé

L’estimation collégiale confirme mes doutes sur l’issue de mon action

                Je demande à chacun de donner son prix, et, rapidement, nous sommes tous d’accord. De rapides calculs confirment bien que nous sommes dans les clous. Notre estimation 120000 euros. Par curiosité je décide de chercher un peu sur le net, si le bien est toujours proposé. Et là l’horreur ! Je découvre une annonce sur un site de particuliers 175000 euros. Les ayant pratiqué deux heures et demie, je suis certain qu’ils auront du mal en entendre ce que j’ai à leur dire. Je décide donc que pour ce second rendez-vous, je vais couper court, trop de temps à déjà été dépensé.

La confrontation finale est sans surprise

                Ils sont à l’heure, je n’en attends pas moins d’eux. J’attaque aussitôt par ma découverte afin de jouer la transparence. J’expose donc mon prix rapidement et je vois leur mine qui s’assombri rapidement. Nous ne travaillerons donc pas ensemble. Ils sont déçus et m’affirment même qu’en 2007, une agence leur avait même estimé 260000 euros. Comme quoi, certaines agences peu scrupuleuses annoncent n’importe quoi, cela ne grandi pas la profession. C’est sans doute cette fausse image départ qui les a trompés. Je pense cependant qu’ils ont entendu ce qu’ils voulaient entendre. Résultat, encore une demi-heure de perdue.

Les enseignements pour le futur

                Avoir un protocole précis qui fonctionne pour amener un vendeur à me promettre l’exclusivité et le faire venir dans le bureau pour lui faire signer un mandat aussitôt est très bien. Parfois une entorse, une dérogation est la bienvenue. Dans mon cas les indices sur la durée de la première mise en vente et le peu de résultats auraient dû m’interpeller. J’aurai peut-être dû, dans ce cas, évoquer un prix beaucoup plus vite, sans être vraiment précis, un ordre de grandeur. Je me serai rendu compte que nous n’étions pas du tout sur la même longueur d’onde.

A vous de travailler

Ami lecteur, pourriez-vous me dire dans les commentaires si j’ai bien fait d’appliquer ma méthode ou fallait-il balancer un prix plus vite ?

Merci pour votre participation

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